7.04.2009

bercer

ton corps décomposé
le coeur transpercé de mystère

5.23.2009

au bout

de la rue chaque été
la grande roue se dresse
elle dépasse des toits
mais nous n'irons pas
c'est pour les autres

au bout de la rue
aussi bien dire
au bout du monde.

de l'amour

à faire fleurir les pierres

5.12.2009

nous n'avons

pas de première fois

5.01.2009

nécessairement

tuer la honte

4.27.2009

dur dire

que volonté
soit faite
et pourtant

en haut c'est si sec

4.16.2009

créer

oui?

4.13.2009

s'armer

de laideur

4.02.2009

dire oui

comme on dit toujours.

3.30.2009

saigner

toute la mère

crimes

Je venais de faire mal aux chats. Très mal, même, et je ne savais pas comment cela avait pu arriver. C'est alors que je vis bouger l'ombre du Christ grandeur nature qui ornait le fond de la chapelle familiale, laquelle ombre se décloua pour se déplacer sur tout le mur avant qu'un Jésus parfaitement matérialisé me jette sur le dos en m'étranglant furieusement. Je me défendis sans pourtant répondre à la violence de cette attaque. Christ était retourné sur sa croix mais de profil. Toute la famille était restée immobile, leurs regards vides fixés vers un visiteur de la famille dont je prenais soudain conscience. Cet oncle lointain, silencieux et immobile, me fit peur et je compris qu'il nous avait tous hypnotisés depuis le début quand je me retrouvai à pousser mon meilleur ami dans une fosse du plancher qui servait à compresser les déchets. Un sursaut de ma part me rendit la raison et je plantai une pelle dans la trappe pour l'empêcher de fermer sa gueule sur sa victime. Dans le corridor adjacent où je courais chercher de l'aide, je ne trouvai que le vieux flic blasé qui déjà me soupçonnait du meurtre particulièrement sordide de mes deux chats. Nous arrivâmes trop tard et le policier, entrouvrant légèrement la trappe, eût un mot d'esprit pour me décrire froidement ce qu'il vît de l'état viandesque de feu mon ami dans la presse à déchets.

3.23.2009

violence

m'abstraire

3.16.2009

adn

Il y avait un homme debout embrassant à pleine bouche une femme se faisant lécher par une autre femme à quatre pattes sous elle en train d'accoucher un bébé immédiatement masturbé par une femme chiant dans l'assiette d'un homme assis devant qui se faisait sucer par une femme couchée sur le dos elle-même vigoureusement pénétrée par une homme vomissant sur le cadavre de sa mère dont deux enfants tétaient les seins à moitié décomposés en se faisant de l'un enculer et de l'autre ouvrir par le ventre et éviscérer sur place le tout formant un cercle parfait disposé dans le volume d'un seul atome.

3.11.2009

ce ne sont

pas des mots

3.02.2009

dire je

comme un mensonge

2.16.2009

l'habitude

tue le libre-arbitre

2.11.2009

je choisis

la vie

2.02.2009

races

Mon ami et moi nous étions retrouvés à l'infirmerie géante dressée pour l'occasion dans le gymnase du centre communautaire afin de faire vérifier nos signes vitaux. C'était la procédure standard après chaque course officielle que nous faisions pour sauver notre honneur et nous bavardions de choses et d'autres en attendant le médecin dans une cabine constituée en fait de simples cloisons de tissus lorsque mon ami figea totalement de peur et de dégôut en me pointant silencieusement la silhouette du médecin qui se détachait en ombre chinoise depuis la cabine voisine sur notre rideau. Bien qu'effectivement leur corps rappelant l'insecte mais en deux fois plus grand que le nôtre et leur tête si caractéristique en forme de marteau de piano pouvaient surprendre la première fois, les habitants de la planète **** s'étaient pourtant adaptés à notre mode de vie terrien depuis au moins deux ans déjà, et je n'ai pu retenir un sursaut d'indignation face à cette réaction raciste de mon ami à qui j'ai répondu en chuchotant : " Comment craindrais-tu le moindre mal de ce médecin? En 400 milliards d'années cosmiques, jamais les habitants d'aucune planète de cet Univers ne se sont déclarés la guerre. Il n'y a que les humains qui ont inventé ce concept de violence."

1.30.2009

ne jamais

faire partie de leurs plus beaux souvenirs mais toujours des pires.

1.20.2009

les autruches

montrent leurs culs

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - X

Je les entends enfin alors qu'ils ricanaient pourtant depuis un bon moment déjà d'un ton bonhomme derrière moi, me demandant si j'ai encore besoin d'une touche de ma fumée avant de les rejoindre. Toute la famille est là dans la salle de bingo, par paires, des dizaines d'oncles et tantes que je croyais trop ringards pour être présents. Ce sont des adultes. Je veux mon mot, mais ils disent celui des autres, surtout celui de l'il, plusieurs fois "c'est son préféré, son préféré" Ils n'arrêtent pas et je veux ramener mon mot avant qu'ils aient totalement fini de remballer et replier leurs ovales en feutrine orange. "ah, toi....mais pourquoi tu es venue toute seule? " Les lumières s'éteignent, ils replacent les chaises sur les tables, fin du jeu.

1.15.2009

rien est

nulle part
de moi
non plus

1.08.2009

je touche

je tue

1.03.2009

ne pas

vouloir demander attendre espérer dire non déranger se plaindre parler

1.01.2009

glace

vide
regret
remord
mort

12.29.2008

sur les pieds

de mon père petite dancing queen.

12.23.2008

diras-tu

merci en dansant
sur les cendres de ta maison
sur les os de tes ancêtres

12.19.2008

résilience

12.18.2008

la seule

lumière qui éclaira ces semaines sans sommeil venait de la lune qui passait à travers une gigantesque rangée de glaçons à sa fenêtre. Non, pas sa fenêtre, elle n'était plus chez elle maintenant. Il n'y avait plus rien. Ni repos, ni nourriture depuis longtemps. Seule? Non, elle avait encore un dieu à l'époque. Quelle chance pour elle.

12.17.2008

quand il rit

il croque l'air
et brasse les étoiles

12.13.2008

le soleil

comme une gifle comme un cri

12.08.2008

tutoyer

les fabricants de cauchemars

12.02.2008

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - IX

Cette fois-là j'étais fâchée. Elle a pressé sa paume derrière ma tête et je me suis retrouvée par terre, visage contre sol, ni bien ni malade, mais seule, tiède, vide, blême.

12.01.2008

tout est vrai

11.25.2008

le vide

répond au vide.

11.17.2008

de l'autre fenêtre

il gèle il neige
et un brocoli pousse.

11.13.2008

de la fenêtre

à une branche de vérité
une corde de pendu
berce l'absence d'enfant

on s'amuse

comme des blés d'Inde.

il y aurait

la voix méchante qui dit en dedans mais oui vas-y vomis-toi toi-même, je le passerai au blender pour te le rentrer dans le vagin et chacune de tes plaies.

11.08.2008

je me

regarde pourrir sans rien faire.

11.06.2008

bizarrement

quand les oiseaux pépient toutes les douleurs du monde deviennent inutiles.

10.31.2008

nous cherchons

toujours le corps de Père Marcus Onésime, dont la tombe a été profanée à St-Ernest l'été dernier.

10.27.2008

mon semblable

mon frère
cette autre fraction d'humanité
tu n'es pas ta cicatrice
tu es l'étincelle de vie qui la guérit.

assises

bien confortablement sur un coin de la création, l'étoile et moi bavardions en meilleures amies. Elle me confiait son émerveillement devant la beauté de la naissance des planètes. Je souriais avec complicité et ravissement. C'est sûrement cela qui me rendait si sereine alors qu'au même moment j'étais dans la cafétéria scolaire, entourée de gens me détestant sans même le cacher, allant jusqu'aux insultes et aux rires, sans que tout cela ne vienne m'ôter ma joie et mon amour.

agir

tant qu'à y être.

10.25.2008

chaque fois

que la peur refuse elle tue les futurs possibles.

je n'est rien

ou alors si peu si petit
désirs albinos muets crispés

10.22.2008

L'Il

Tu n'es pas seul
l'eau n'est pas plus que l'air frontière
sous l'une ou l'autre
toutes les terres sont une


Les sagas carrées - I

Trois quarts d'or chacun pour un fou rire interminable sur l'avenue du parc qui n'en finit pas d'être belle et chaude. Je ne comprends rien.

10.20.2008

il n'y a rien

ni fuite ni cachette ni réponse
regarde la mort
tu es en vie

10.18.2008

l'erreur

est l'espoir.

10.14.2008

la joie

toute simple de ce jour-là - mais ç'auraient pu être beaucoup d'autres jours aussi s'il faut parler de joie - où je n'avais pas par de longs rubans attaché à moi le temps et où nous sautions de dragon en dragon.

10.09.2008

chaque plaie

fait un trou je disparais.

10.08.2008

première image

J'avais six ans à peine mais les mots "ironie du sort" m'apparurent sous les traits d'une vieille clocharde ricanant méchamment à mon chevet la nuit.

10.07.2008

lancer son être

sur tous les dieux
concepts idées
et les voir tous se briser

10.06.2008

juste au cas

où les choses ne seraient pas assez claires : je t'aime encore plus qu'à l'époque où j'écrivais sur l'amour, si t'aimer plus que je t'ai toujours infiniment aimé est dans le domaine du possible, ce qui n'est pas le cas et rend cette déclaration d'amour tout à fait inutile donc magnifique. Et pourtant non, puisque chaque seconde je dépasse cette impossibilité de t'aimer plus que l'impossible facilement, cela n'est plus burlesque du tout, me laissant douter de la pertinence de tout ce que je viens de dire précédemment.

10.04.2008

la grande marcheuse

porte le feu sur son dos
et de ses pas trace des mots
que seuls lisent les géants

10.03.2008

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - VIII

Alors que je demandais âprement d’avoir enfin la vérité, rien que la vérité plutôt que ses mises en scène, elle a ri gentiment, quoiqu’avec une légère ironie, devant mon trop plein de sérieux. La vérité n’est pas ailleurs.

10.01.2008

naïve





















pastel sur papier, 1999

octobre

Je respire l'eau grise
Des minutes fatiguées
D'un ennui
Plus salé que le sang.

10-2006

9.27.2008

tout bas

Puis il y eût le jour où pour la première fois il devînt faisable de tuer un espoir au moment même de sa naissance. Ce jour n'a pas d'anniversaire néanmoins par la suite le reste fût possible.

la malédiction - II

de la couverture à trois coins, dit-il.

l'usité

l'ordinaire feint comme si pourtant
tout mon amour n'existait pas
entre chaque cellule et le vide

9.25.2008

ou même dire

je couperai ma main pour que tu la pleures.

raccourci

Elle était déjà au sol mais l'ange furieux en rajouta. Il la pointa d'un long doigt crochu en lui annonçant mille vies d'expiations pour racheter ce karma. Or elle n'avait qu'une vie pour accomplir cela et lui prouver ainsi qu'il avait tort. Ça va être laid, pensa-t-elle.

9.21.2008

vous m'aimeriez

bien davantage si vous me connaissiez moins.

double vue

9.18.2008

décaler

entre sa fuite et sa quête.

9.15.2008

et si je

souriais c'était
d'être descendue
comme on monte
sans la chute
sans vertige

9.06.2008

nous ne

vous manquerons jamais tout motif est absurde.

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - VII

Et même quand je regardais le soleil en pleine face, sa lumière était plus lente que moi, et je décodais la signification de chacun de ses photons.

9.05.2008

fixe

le temps en tas sur les étoiles
comme si immobile était
liberté

9.03.2008

et parfois

demi voir bouger
des bêtes noires
dans les angles morts

8.25.2008

discordes

il y avait
des murs d'incompréhension
du silence partout
et des pierres dans les yeux.

8.22.2008

attendre un signe

pour ne pas devoir dire go.

8.21.2008

espoir

la cayenne avait fleuri.

8.18.2008

vacances

parler aux bêtes
colorer la vie
et marcher
dans des rayons de lune

8.01.2008

lulus :

poignées à pipes, lui dit-il.

7.29.2008

apatride

déracinée du vide
de trop partout

7.25.2008

l'improbable ordinaire

Et toujours cette ancienne nouvelle impossible maison en plein barda et l'alliée inconnue qui me pousse à agir entre l'honneur, la fuite ou la mort. L'inaccessible rédemption.

parler de soi

sans y être sans rien dire en absent.

7.15.2008

femme




















pastel gras sur papier, 2002

7.13.2008

partout

inutile ombre accessoire escorte
invisible présence
que n'espère jamais personne

7.11.2008

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - VI

Le pan de la tente de cirque laisse passer un poussiéreux rayon de soleil à côté des deux adolescents blasés qui fument des cigarettes dans leur costume de clown. Ils sont amers et sarcastiques avec moi, ils sont là pour faire ses messages, elle ne se déplacera pas cette fois non plus. Je n’avais pas remarqué avant comme Marc-Orange et sa soeur avaient vieilli depuis notre dernière rencontre.

7.09.2008

toujours

la vie veut vivre.

7.05.2008

matin

mais les grilles
peignent la lumière
en bâtons.

7.01.2008

la fin des illusions




















crayon sur papier, 1999

6.29.2008

étrange air

Il s'agissait de l'endroit où l'on plaçait les poubelles extérieures mais nous fûmes tous surpris de retrouver un cadavre humain mâle à moitié décomposé sur le côté de la maison familiale à la fonte des neiges.

Je fixais cette cheville à l'ossature dénudée en méditant sur l'odeur inévitable des corps en putréfaction lorsque je compris brusquement qu'il avait décidé d'entrer le corps dans la maison pour le placer sur une table d'examen dans le salon afin d'en étudier les implants extraterrestres, ce qui ramena ma pensée sur l'odeur.

6.27.2008

marcher

très longtemps mais n'aller nulle part sinon au plus loin de soi-même.

6.19.2008

mes premières roses

blancs boutons morts-nés dans l'orage.

6.18.2008

même savoir

que l'on sait ce que l'on sait n'est pas si utile.

6.17.2008

ce solitaire

N'a d'ami que sa haine
Qui l'étouffe de sa laisse

(Et même s'il hurle
Nul n'en approchera.)

6.14.2008

avoir connu

tellement à côté en face et même contre mais apprendre avec et ensemble.

6.13.2008

l'alliance

Cela avait fait scandale et suscité la controverse qu'un puissant jeune premier s'amourache de ce petit nain barbu qui affirmait être une princesse d'une autre planète. Et pire si ledit nain se vêtait quotidiennement de longues robes rose bonbon.

Le couple s'enfuit donc devant la réprobation des humains en général, et dans leur fuite ils furent aidés de lianes apparaissant au-dessus de l'océan afin de passer dans l'autre monde, où tout n'était que joie carnavalesque et jubilation cirquement festive.

6.10.2008

patience















pastel gras sur papier, 2002

6.04.2008

et vivre

parfois entourée d'absents.

6.03.2008

vieille

Qui a la mort gentille

Des toujours derniers

Silences inutiles

Pour les murs.

si seulement

tu avais pu voir cela.

5.27.2008

mes cheveux

blancs trèfles à quatre feuilles.

5.26.2008

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - V

Dans la sombre allée du théâtre, j’avance sans trop comprendre. L’adulte un peu exaspéré me conduit à mon groupe que j’avais perdu de vue. Mes deux amis se retournent et me font signe de m’asseoir avec eux, et je sais que j’ai manqué le meilleur bout du spectacle, mais je ne me souviens pas si je dois moi-même exécuter quelque chose sur scène bientôt.

la malédiction

du poil invisible dans la bouche (ou l'oeil ou le nez, ajouta-t-il)!

5.24.2008

cela prendra

sûrement plus de temps que prévu.

5.23.2008

il est temps

de se tenir d'avancer de donner.

5.22.2008

le hall

C'était bien sûr un raccourci mais traverser ce purgatoire n'était pas chose aisée. A fortiori quand ledit antichambre des concepts était aussi le seul lieu pour apprendre le métier de vampire sous la gouverne d'un demi-diable. Même en prenant la ligne la plus droite possible, nous n'avons pu éviter de rencontrer une disciple déchirée de remords. Suspendue par les poignets, le bas-ventre ouvert et à moitié vidé, elle nous demanda de l'aider.

Je me retins de lui dire que je ne savais pas comment comment aider quelqu'un qui était déjà supposé être mort tout le temps où nous lui prodiguâmes d'inutiles secours et jusqu'à ce qu'effectivement nous fûmes plus tard forcés de l'abandonner, juste vis-à-vis du puits de la création où son corps putréfié ne pouvait monter.

5.21.2008

j'ai vu




















pastel sur papier, 2001

5.20.2008

puis constamment

me dire je ne sais même pas ce qu'est JE comment connaîtrais-je quoi que ce soit d'autre.

5.16.2008

Maman

La lumière faite geste

Et le mouvement

Fait matière.


Eau toujours jamais pareille

Plus solide que le roc.

Je serai ton berceau

Si un jour tu l'oublies.

Papa

Toi qui sais

Dans les silences des arbres

Plus sonores que l’éclair


Le cœur explosé de fierté

Pour ces victoires

Arrachées au néant


Grand lion calme

Que pourtant je défendrais

Comme mon fils

Si tu venais à l’oublier.

Chroniques des loisirs St-Rédempteur - IV

Nous avions attendu l’amuseur, mais ce fut un petit rouquin de 11-12 ans, accompagné de sa jeune sœur, qui arriva à sa place, en excusant l’absence de son père occupé à un autre contrat. Nous aimions beaucoup le jeune Marc-Orange, et avons joué à quelques jeux intraduisibles tous ensemble, en particulier les associations d’idées si cocasses entre les salopettes, les franges de cheveux et le jeu des sauterelles en caoutchouc. Je ramassais les chaises à la fin de l’activité, et j’ai été saisie de tristesse en relevant la tête, voyant que tout le monde était parti.

5.14.2008

ramasser

assez d'images pour tous les cinémas du monde.

5.08.2008

réveils

à chaque soleil
l'intime conscience
de la douleur
de tous

à chaque soleil
le mur du silence
face à la question
à quoi ça sert.

pourrir

vieillir pourrir mourir pourrir.

5.07.2008

silence

je t'ai nommé fureur
pour la beauté des songes

jamais d'égal
le sang versé pour rien.

Phase





















pastel gras sur papier, 2007

5.03.2008

à toutes jambes écartées

Encore une fois je devais quitter précipitamment cet endroit- supposément mon chez moi de la vingtaine - mais surtout sans faire de bruit. Sans éveiller l'ex-homme. Tout le monde était parti à la fête (personne ne m'avait invitée, comme d'habitude) Je sortais par la porte d'en-avant lorsque j'ai vu l'ours brun sentir mes poubelles sur le côté de la maison. J'ai traversé silencieusement la rue pour aller voir mes voisins d'en face, un couple à la retraite que je croyais sympathique à cause. En tentant d'exposer mon problème à ces braves ancêtres, je compris qu'ils ne considéreraient jamais ma situation comme étant importante, et que je les dérangeais (ils regardaient en souriant bravement l'ours qui jouait avec le chien blond de la famille). Et dire que cette phrase , tellement dite avec à-propos dans mon passé qu'elle surgissait maintenant spontanément dans mon esprit à chaque fois qu'on me parlait, ne fût pas prononcée à un moment où elle aurait été enfin appropriée :"Finalement qu'est-ce que ça peut bien vous câlisser ce qui m'arrive du moment que je ne suis pas dans vos jambes, hein?"

passer assez

de temps seule pour maintenant se parler au pluriel.

5.01.2008

Premier mai

journée officielle du lancer de la vache.

en pointant

le ciel tout devient autre que moi face à moi.

4.30.2008

évidences

Ce soir le soleil
arrivera par l'autre côté

Ce n'est qu'à la toute fin
que nous avons compris
que c'était inutile.

s'ouvrir d'amour










et parler aux pierres.

4.28.2008

se couper le toupèque















LA vraie solution aux grands problèmes de la vie.

quel égoïsme

de ne même pas se donner soi-même.

4.27.2008

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - III

Sur l’immense pelouse, toute la classe joue en cercle avec ce qui ressemble à un parachute. J’arrive trop tard.

4.26.2008

à travers

À contre cœur les saluts penchés

Venteux oublis dans les flaques


À contre jour les aveux soufflés

Minces éclats d’yeux dans les fentes


À contre coup les coulisses éventrées

Des parfaites images dans les fronts

shamame




















crayon de couleur sur papier, 2007

toit

Dire qu'avant c'était des chez-sois où l'on arrive et s'installe, maintenant il n'est toujours question que de chez-sois quittés précipitamment dans le chaos.

4.25.2008

manger

un aliment dont la date de péremption est celle de mon anniversaire
me demander furtivement suis-je échue.

4.24.2008

tout est

si grand il faut grandir.

brève plongée

dans l'abîme de la douleur : écouter A. en pleurant sur le souvenir du deuil d'un dieu.

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - II

Il a bien fallu que je recule en moi lorsque la moitié arrière de mon corps a cuit puis fondu, ne laissant de moi que le devant de ce qui avait jadis été un bonhomme en pain d’épice, avec des rebords bien découpés comme les coutures d’une marionnette de feutrine. Il y a partout autour ce mur couvert de portes d’armoires d’un bel orange vif, et elle m’accompagne lorsque j’ouvre des portes et qu’apparaissent des éclats de souvenirs de toutes formes, toutes tailles et toutes couleurs. En appuyant mon front sur le mur du vestibule, je peux voir l’entrée du sous-sol, où les autres déjà ont fini de jouer et ramassent les jeux. Je voulais jouer avec eux, mais à la place je rentrais l’épicerie avec les adultes.

4.23.2008

promesse

En ce temps espace clos

Entre les sentinelles de courage

Et les vérités qui perdent leurs fleurs

Dans un fracas de pierres.

volonté

(marche, papa, marche)

















pastel sur papier, 1999

4.22.2008

rétro désir

Et à la récré, elle n'était pas choisie la dernière pour former les équipes de ballon chasseur.

4.18.2008

la même

histoire jamais pareille de nouveaux cieux.

4.17.2008

rien

Je suis le vide avide
L'absente en plein jour.

Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - I

J’ai les yeux fermés et une présence féminine arrive derrière mon épaule droite, une main se pose. On aurait cru ma professeure de maternelle, ou encore une tante. Mais je sais que c’est elle à cause de l’amour qu’elle dégage. Je suis en train de brûler par derrière lorsqu'il me dit de revenir.

4.16.2008

tiède










Marcher fragile

Sur des bouteilles d’oubli

Et vomir sa fade déception

D'être une fraction de soi.

c'est beau

la vie il y a plein de vie dedans.

4.15.2008

Solitude













huile sur papier, 1998

je n'attends

plus rien le silence gagne.

4.14.2008

des gestes

qui sourient autant que nous.

4.13.2008

bien sûr

le quotidien bien sûr le gris
mais dis








tu viendras avec moi regarder les étoiles?

4.12.2008

tache

Il m'avait demandé de tuer et découper autant de personnes de ce monde-ci que j'avais de serrements de coeur dans ma conscience. Mon ego me disait que c'était un non-sens, mais j'ai obéi. Durant le trajet en voiture dans la banlieue en direction de ma première opération, je me demandais si j'avais suffisamment de force physique pour enfoncer une lame dans de la chair, dans des os (et ce que je ressentirais en entendant les gens crier)

Ce fut facile, mais étonnamment, beaucoup plus salissant que je ne l'aurais cru. Bien plus que de préparer de la salade de fruits.

4.11.2008

Homme

Chatoyant fils d’air

Tu n’es jamais aussi beau

Qu’en chaque seconde

Déchiré de tendresse

Et de juste rage.

le bonheur

ici tout de suite parce que.

4.10.2008

des rêves

semblables à des pigeons d'argile.

4.09.2008

clair






Il faudra pourtant

Bien agir

Quelque part

Entre maintenant et trop tard.

4.08.2008

des violences

si invisibles qu'elles passent pour des vertus.

4.07.2008

un matin

si simple si neuf tout est possible.

4.06.2008

joie














pastel gras sur papier, 2002

plus j'aime

et plus le monde est grand.

4.05.2008

partout

la trace des débuts qui avalent les vieilles morts.

Prince de Sang










Le tout premier souvenir de modèle conscient de Prince Charmant. (que dire)

4.04.2008

avril










soleil amour
mes manquements dénudés

je pue mais je repousserai.

prenez garde au chien

Il était enquêteur pour notre équipe depuis des années. Bien davantage, il était notre ami et un membre de la famille, de toutes nos familles. Et le fait qu'il soit un chien n'y changeait pas grand chose. Dans la sordide affaire de meurtres en série sur laquelle on travaillait depuis des semaines, il avait été non seulement efficace, mais presque en avant des coups.

Ceci finit bien sûr par mettre la puce à l'oreille de l'équipe de déontologie, qui prit moins de quelques heures pour obtenir amplement de preuves de sa culpabilité dans la torture, le viol, le meurtre puis les dégradations diverses perpétrés sur les cadavres des 117 victimes qui hantaient notre enquête. Chien ou pas, c'était notre homme.

Ce n'est qu'aux funérailles ( il avait été éxécuté par injection) que nous avons reconnu le mal qui le possédait lorsque, nous penchant tous en pleurant (nous l'avions aimé comme un frère) vers la tombe où son cadavre descendait lentement, il bondit brusquement et arracha d'un geste rapide de la main le coeur d'un bébé de 3 mois (son propre filleul) qui était dans les bras de son meilleur ami, avant de retomber dans le néant de la mort.

côte d'Ève

sûrement la seule explication à mon mal de dos.

4.03.2008

je




















huile sur toile, 2007

les vieilles peurs

comme autant de verrues mentales risibles ôtables.

N'être










Avaler les cendres du soleil
Appeler la chute d'un haussement d'épaules

Se savoir absence
Se vouloir patience
Se taire par habitude
Crier par solitude

Et mourir par tous les chemins
Pour n'en avoir pris aucun.

08-2006

4.02.2008

parfois

fatiguée à en avoir la peau trop lourde.

4.01.2008

la neige

était au-dessus d'elle-même.

brume

belle porteuse d'aubes.

3.31.2008

soleils domestiques










Le temps est venu

Tout s’achète

Pourquoi pleurez-vous

Personne ne possède rien.

constater

à quel point je me gaspille par habitude.

3.30.2008

sad

Il ne savait pas que cela l'exciterait. Autant. Les prochaines fois il se placerait derrière un paravent. Il dût interrompre la séance pour aller se soulager loin du regard du policier. Pieds et mains fixés par des poulies au plafond, celui-ci venait de traverser toute la chambre par un complexe réseau de cordages, hurlant sous les douleurs de l'écartèlement. Il fût dégoûté de voir son hôte déguisé en cuir porter ses mains à son sexe pour en cacher l'ampleur, mais acheva de le détester en apercevant son sourire béat lorsqu'il quitta la pièce.

Ce huis-clos entre l'inspecteur et le psychopathe était le dernier espoir de sauver toute l'équipe.
Cinq indescriptibles jours plus tard, on l'autorisait à faire un appel, et il supplia son collègue de le sortir de cette situation. "impossible, il faut que tu endures". Il lança le téléphone loin du lit, et cria très fort en lorgnant les poulies de métal qui avait été fraîchement vissées aux os de ses poignets et de ses chevilles.

possible ou mieux

chaque seconde un choix entre vivre ou stagner.

3.29.2008

pulpeuse auto-fiction



















la toute première personne à qui j'ai voulu consciemment ressembler
physiquement. (ceci explique cela)

pourtant

la question remplace l'air.

Un

Pour un autre souffle déplié

Voir la clé dans un œil

Ou encore l’oblique cru

Des évidences recréées.

3.28.2008

mise en boîte

Il me demanda alors de sortir moi aussi mes cadavres de l'armoire. Pour sauver de l'espace, j'avais préalablement cassé puis replié leurs jambes, et coupé quelques morceaux qui dépassaient, avant de placer mes deux cadavres - un jeune garçon et une jeune fille - dans deux boîtes conçues me semblait-il pour des roses à longues tiges.

Nous avions en vain fait le tour du web et du village côtier par toutes ses portes, mais nous n'avions pas trouvé le père naturel du petit-ami que j'avais à l'adolescence, un inconnu au prénom amusant, et qui nous avait été décrit par plusieurs comme étant le seul à pouvoir réparer, ce qui s'avéra être faux. Nous n'étions finalement qu'entre nous. Nous? La famille, quoi.

Et c'était en bout de ligne Lui (comment avais-je pu ne pas le savoir?) qui avait ramené vivants tous les cadavres. Tous ceux de la famille. Mais en voyant les miens, il me dit :"malheureuse, qu'as tu fait de nous?"

quand même

d'un grand geste renverser l'absence.

3.27.2008

encore

le besoin de ne pas me taire de penser que j'existe même nulle part.