ton corps décomposé
le coeur transpercé de mystère
7.04.2009
5.23.2009
au bout
de la rue chaque été
la grande roue se dresse
elle dépasse des toits
mais nous n'irons pas
c'est pour les autres
au bout de la rue
aussi bien dire
au bout du monde.
5.12.2009
5.01.2009
4.27.2009
4.16.2009
4.13.2009
4.02.2009
3.30.2009
crimes
Je venais de faire mal aux chats. Très mal, même, et je ne savais pas comment cela avait pu arriver. C'est alors que je vis bouger l'ombre du Christ grandeur nature qui ornait le fond de la chapelle familiale, laquelle ombre se décloua pour se déplacer sur tout le mur avant qu'un Jésus parfaitement matérialisé me jette sur le dos en m'étranglant furieusement. Je me défendis sans pourtant répondre à la violence de cette attaque. Christ était retourné sur sa croix mais de profil. Toute la famille était restée immobile, leurs regards vides fixés vers un visiteur de la famille dont je prenais soudain conscience. Cet oncle lointain, silencieux et immobile, me fit peur et je compris qu'il nous avait tous hypnotisés depuis le début quand je me retrouvai à pousser mon meilleur ami dans une fosse du plancher qui servait à compresser les déchets. Un sursaut de ma part me rendit la raison et je plantai une pelle dans la trappe pour l'empêcher de fermer sa gueule sur sa victime. Dans le corridor adjacent où je courais chercher de l'aide, je ne trouvai que le vieux flic blasé qui déjà me soupçonnait du meurtre particulièrement sordide de mes deux chats. Nous arrivâmes trop tard et le policier, entrouvrant légèrement la trappe, eût un mot d'esprit pour me décrire froidement ce qu'il vît de l'état viandesque de feu mon ami dans la presse à déchets.
3.23.2009
3.16.2009
adn
Il y avait un homme debout embrassant à pleine bouche une femme se faisant lécher par une autre femme à quatre pattes sous elle en train d'accoucher un bébé immédiatement masturbé par une femme chiant dans l'assiette d'un homme assis devant qui se faisait sucer par une femme couchée sur le dos elle-même vigoureusement pénétrée par une homme vomissant sur le cadavre de sa mère dont deux enfants tétaient les seins à moitié décomposés en se faisant de l'un enculer et de l'autre ouvrir par le ventre et éviscérer sur place le tout formant un cercle parfait disposé dans le volume d'un seul atome.
3.11.2009
3.02.2009
2.16.2009
2.11.2009
2.02.2009
races
Mon ami et moi nous étions retrouvés à l'infirmerie géante dressée pour l'occasion dans le gymnase du centre communautaire afin de faire vérifier nos signes vitaux. C'était la procédure standard après chaque course officielle que nous faisions pour sauver notre honneur et nous bavardions de choses et d'autres en attendant le médecin dans une cabine constituée en fait de simples cloisons de tissus lorsque mon ami figea totalement de peur et de dégôut en me pointant silencieusement la silhouette du médecin qui se détachait en ombre chinoise depuis la cabine voisine sur notre rideau. Bien qu'effectivement leur corps rappelant l'insecte mais en deux fois plus grand que le nôtre et leur tête si caractéristique en forme de marteau de piano pouvaient surprendre la première fois, les habitants de la planète **** s'étaient pourtant adaptés à notre mode de vie terrien depuis au moins deux ans déjà, et je n'ai pu retenir un sursaut d'indignation face à cette réaction raciste de mon ami à qui j'ai répondu en chuchotant : " Comment craindrais-tu le moindre mal de ce médecin? En 400 milliards d'années cosmiques, jamais les habitants d'aucune planète de cet Univers ne se sont déclarés la guerre. Il n'y a que les humains qui ont inventé ce concept de violence."
1.30.2009
1.20.2009
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - X
Je les entends enfin alors qu'ils ricanaient pourtant depuis un bon moment déjà d'un ton bonhomme derrière moi, me demandant si j'ai encore besoin d'une touche de ma fumée avant de les rejoindre. Toute la famille est là dans la salle de bingo, par paires, des dizaines d'oncles et tantes que je croyais trop ringards pour être présents. Ce sont des adultes. Je veux mon mot, mais ils disent celui des autres, surtout celui de l'il, plusieurs fois "c'est son préféré, son préféré" Ils n'arrêtent pas et je veux ramener mon mot avant qu'ils aient totalement fini de remballer et replier leurs ovales en feutrine orange. "ah, toi....mais pourquoi tu es venue toute seule? " Les lumières s'éteignent, ils replacent les chaises sur les tables, fin du jeu.
1.15.2009
1.08.2009
1.03.2009
1.01.2009
12.29.2008
12.23.2008
12.19.2008
12.18.2008
la seule
lumière qui éclaira ces semaines sans sommeil venait de la lune qui passait à travers une gigantesque rangée de glaçons à sa fenêtre. Non, pas sa fenêtre, elle n'était plus chez elle maintenant. Il n'y avait plus rien. Ni repos, ni nourriture depuis longtemps. Seule? Non, elle avait encore un dieu à l'époque. Quelle chance pour elle.
12.17.2008
12.13.2008
12.08.2008
12.02.2008
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - IX
Cette fois-là j'étais fâchée. Elle a pressé sa paume derrière ma tête et je me suis retrouvée par terre, visage contre sol, ni bien ni malade, mais seule, tiède, vide, blême.
12.01.2008
11.25.2008
11.17.2008
11.13.2008
il y aurait
la voix méchante qui dit en dedans mais oui vas-y vomis-toi toi-même, je le passerai au blender pour te le rentrer dans le vagin et chacune de tes plaies.
11.08.2008
11.06.2008
10.31.2008
nous cherchons
toujours le corps de Père Marcus Onésime, dont la tombe a été profanée à St-Ernest l'été dernier.
10.27.2008
mon semblable
mon frère
cette autre fraction d'humanité
tu n'es pas ta cicatrice
tu es l'étincelle de vie qui la guérit.
assises
bien confortablement sur un coin de la création, l'étoile et moi bavardions en meilleures amies. Elle me confiait son émerveillement devant la beauté de la naissance des planètes. Je souriais avec complicité et ravissement. C'est sûrement cela qui me rendait si sereine alors qu'au même moment j'étais dans la cafétéria scolaire, entourée de gens me détestant sans même le cacher, allant jusqu'aux insultes et aux rires, sans que tout cela ne vienne m'ôter ma joie et mon amour.
10.25.2008
10.22.2008
L'Il
Les sagas carrées - I
Trois quarts d'or chacun pour un fou rire interminable sur l'avenue du parc qui n'en finit pas d'être belle et chaude. Je ne comprends rien.
10.20.2008
10.18.2008
10.14.2008
la joie
toute simple de ce jour-là - mais ç'auraient pu être beaucoup d'autres jours aussi s'il faut parler de joie - où je n'avais pas par de longs rubans attaché à moi le temps et où nous sautions de dragon en dragon.
10.09.2008
10.08.2008
première image
J'avais six ans à peine mais les mots "ironie du sort" m'apparurent sous les traits d'une vieille clocharde ricanant méchamment à mon chevet la nuit.
10.07.2008
10.06.2008
juste au cas
où les choses ne seraient pas assez claires : je t'aime encore plus qu'à l'époque où j'écrivais sur l'amour, si t'aimer plus que je t'ai toujours infiniment aimé est dans le domaine du possible, ce qui n'est pas le cas et rend cette déclaration d'amour tout à fait inutile donc magnifique. Et pourtant non, puisque chaque seconde je dépasse cette impossibilité de t'aimer plus que l'impossible facilement, cela n'est plus burlesque du tout, me laissant douter de la pertinence de tout ce que je viens de dire précédemment.
10.04.2008
10.03.2008
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - VIII
Alors que je demandais âprement d’avoir enfin la vérité, rien que la vérité plutôt que ses mises en scène, elle a ri gentiment, quoiqu’avec une légère ironie, devant mon trop plein de sérieux. La vérité n’est pas ailleurs.
10.01.2008
9.27.2008
tout bas
Puis il y eût le jour où pour la première fois il devînt faisable de tuer un espoir au moment même de sa naissance. Ce jour n'a pas d'anniversaire néanmoins par la suite le reste fût possible.
l'usité
l'ordinaire feint comme si pourtant
tout mon amour n'existait pas
entre chaque cellule et le vide
9.25.2008
raccourci
Elle était déjà au sol mais l'ange furieux en rajouta. Il la pointa d'un long doigt crochu en lui annonçant mille vies d'expiations pour racheter ce karma. Or elle n'avait qu'une vie pour accomplir cela et lui prouver ainsi qu'il avait tort. Ça va être laid, pensa-t-elle.
9.21.2008
9.18.2008
9.15.2008
9.06.2008
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - VII
Et même quand je regardais le soleil en pleine face, sa lumière était plus lente que moi, et je décodais la signification de chacun de ses photons.
9.05.2008
9.03.2008
8.25.2008
8.22.2008
8.21.2008
8.18.2008
8.01.2008
7.29.2008
7.25.2008
l'improbable ordinaire
Et toujours cette ancienne nouvelle impossible maison en plein barda et l'alliée inconnue qui me pousse à agir entre l'honneur, la fuite ou la mort. L'inaccessible rédemption.
7.15.2008
7.13.2008
7.11.2008
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - VI
Le pan de la tente de cirque laisse passer un poussiéreux rayon de soleil à côté des deux adolescents blasés qui fument des cigarettes dans leur costume de clown. Ils sont amers et sarcastiques avec moi, ils sont là pour faire ses messages, elle ne se déplacera pas cette fois non plus. Je n’avais pas remarqué avant comme Marc-Orange et sa soeur avaient vieilli depuis notre dernière rencontre.
7.09.2008
7.05.2008
7.01.2008
6.29.2008
étrange air
Il s'agissait de l'endroit où l'on plaçait les poubelles extérieures mais nous fûmes tous surpris de retrouver un cadavre humain mâle à moitié décomposé sur le côté de la maison familiale à la fonte des neiges.
Je fixais cette cheville à l'ossature dénudée en méditant sur l'odeur inévitable des corps en putréfaction lorsque je compris brusquement qu'il avait décidé d'entrer le corps dans la maison pour le placer sur une table d'examen dans le salon afin d'en étudier les implants extraterrestres, ce qui ramena ma pensée sur l'odeur.
6.27.2008
6.19.2008
6.18.2008
6.17.2008
ce solitaire
N'a d'ami que sa haine
Qui l'étouffe de sa laisse
(Et même s'il hurle
Nul n'en approchera.)
6.14.2008
6.13.2008
l'alliance
Cela avait fait scandale et suscité la controverse qu'un puissant jeune premier s'amourache de ce petit nain barbu qui affirmait être une princesse d'une autre planète. Et pire si ledit nain se vêtait quotidiennement de longues robes rose bonbon.
Le couple s'enfuit donc devant la réprobation des humains en général, et dans leur fuite ils furent aidés de lianes apparaissant au-dessus de l'océan afin de passer dans l'autre monde, où tout n'était que joie carnavalesque et jubilation cirquement festive.
6.10.2008
6.04.2008
6.03.2008
5.27.2008
5.26.2008
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - V
Dans la sombre allée du théâtre, j’avance sans trop comprendre. L’adulte un peu exaspéré me conduit à mon groupe que j’avais perdu de vue. Mes deux amis se retournent et me font signe de m’asseoir avec eux, et je sais que j’ai manqué le meilleur bout du spectacle, mais je ne me souviens pas si je dois moi-même exécuter quelque chose sur scène bientôt.
5.24.2008
5.23.2008
5.22.2008
le hall
C'était bien sûr un raccourci mais traverser ce purgatoire n'était pas chose aisée. A fortiori quand ledit antichambre des concepts était aussi le seul lieu pour apprendre le métier de vampire sous la gouverne d'un demi-diable. Même en prenant la ligne la plus droite possible, nous n'avons pu éviter de rencontrer une disciple déchirée de remords. Suspendue par les poignets, le bas-ventre ouvert et à moitié vidé, elle nous demanda de l'aider.
Je me retins de lui dire que je ne savais pas comment comment aider quelqu'un qui était déjà supposé être mort tout le temps où nous lui prodiguâmes d'inutiles secours et jusqu'à ce qu'effectivement nous fûmes plus tard forcés de l'abandonner, juste vis-à-vis du puits de la création où son corps putréfié ne pouvait monter.
5.21.2008
5.20.2008
puis constamment
me dire je ne sais même pas ce qu'est JE comment connaîtrais-je quoi que ce soit d'autre.
5.16.2008
Maman
La lumière faite geste
Et le mouvement
Fait matière.
Eau toujours jamais pareille
Plus solide que le roc.
Je serai ton berceau
Si un jour tu l'oublies.
Papa
Toi qui sais
Dans les silences des arbres
Plus sonores que l’éclair
Le cœur explosé de fierté
Pour ces victoires
Arrachées au néant
Grand lion calme
Que pourtant je défendrais
Comme mon fils
Si tu venais à l’oublier.
Chroniques des loisirs St-Rédempteur - IV
Nous avions attendu l’amuseur, mais ce fut un petit rouquin de 11-12 ans, accompagné de sa jeune sœur, qui arriva à sa place, en excusant l’absence de son père occupé à un autre contrat. Nous aimions beaucoup le jeune Marc-Orange, et avons joué à quelques jeux intraduisibles tous ensemble, en particulier les associations d’idées si cocasses entre les salopettes, les franges de cheveux et le jeu des sauterelles en caoutchouc. Je ramassais les chaises à la fin de l’activité, et j’ai été saisie de tristesse en relevant la tête, voyant que tout le monde était parti.
5.14.2008
5.08.2008
réveils
à chaque soleil
l'intime conscience
de la douleur
de tous
à chaque soleil
le mur du silence
face à la question
à quoi ça sert.
5.07.2008
5.03.2008
à toutes jambes écartées
Encore une fois je devais quitter précipitamment cet endroit- supposément mon chez moi de la vingtaine - mais surtout sans faire de bruit. Sans éveiller l'ex-homme. Tout le monde était parti à la fête (personne ne m'avait invitée, comme d'habitude) Je sortais par la porte d'en-avant lorsque j'ai vu l'ours brun sentir mes poubelles sur le côté de la maison. J'ai traversé silencieusement la rue pour aller voir mes voisins d'en face, un couple à la retraite que je croyais sympathique à cause. En tentant d'exposer mon problème à ces braves ancêtres, je compris qu'ils ne considéreraient jamais ma situation comme étant importante, et que je les dérangeais (ils regardaient en souriant bravement l'ours qui jouait avec le chien blond de la famille). Et dire que cette phrase , tellement dite avec à-propos dans mon passé qu'elle surgissait maintenant spontanément dans mon esprit à chaque fois qu'on me parlait, ne fût pas prononcée à un moment où elle aurait été enfin appropriée :"Finalement qu'est-ce que ça peut bien vous câlisser ce qui m'arrive du moment que je ne suis pas dans vos jambes, hein?"
5.01.2008
4.30.2008
évidences
Ce soir le soleil
arrivera par l'autre côté
Ce n'est qu'à la toute fin
que nous avons compris
que c'était inutile.
4.28.2008
4.27.2008
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - III
Sur l’immense pelouse, toute la classe joue en cercle avec ce qui ressemble à un parachute. J’arrive trop tard.
4.26.2008
à travers
À contre cœur les saluts penchés
Venteux oublis dans les flaques
À contre jour les aveux soufflés
Minces éclats d’yeux dans les fentes
À contre coup les coulisses éventrées
Des parfaites images dans les fronts
toit
Dire qu'avant c'était des chez-sois où l'on arrive et s'installe, maintenant il n'est toujours question que de chez-sois quittés précipitamment dans le chaos.
4.25.2008
manger
un aliment dont la date de péremption est celle de mon anniversaire
me demander furtivement suis-je échue.
4.24.2008
brève plongée
dans l'abîme de la douleur : écouter A. en pleurant sur le souvenir du deuil d'un dieu.
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - II
Il a bien fallu que je recule en moi lorsque la moitié arrière de mon corps a cuit puis fondu, ne laissant de moi que le devant de ce qui avait jadis été un bonhomme en pain d’épice, avec des rebords bien découpés comme les coutures d’une marionnette de feutrine. Il y a partout autour ce mur couvert de portes d’armoires d’un bel orange vif, et elle m’accompagne lorsque j’ouvre des portes et qu’apparaissent des éclats de souvenirs de toutes formes, toutes tailles et toutes couleurs. En appuyant mon front sur le mur du vestibule, je peux voir l’entrée du sous-sol, où les autres déjà ont fini de jouer et ramassent les jeux. Je voulais jouer avec eux, mais à la place je rentrais l’épicerie avec les adultes.
4.23.2008
promesse
En ce temps espace clos
Entre les sentinelles de courage
Et les vérités qui perdent leurs fleurs
Dans un fracas de pierres.
4.22.2008
rétro désir
Et à la récré, elle n'était pas choisie la dernière pour former les équipes de ballon chasseur.
4.18.2008
4.17.2008
Chroniques des Loisirs St-Rédempteur - I
J’ai les yeux fermés et une présence féminine arrive derrière mon épaule droite, une main se pose. On aurait cru ma professeure de maternelle, ou encore une tante. Mais je sais que c’est elle à cause de l’amour qu’elle dégage. Je suis en train de brûler par derrière lorsqu'il me dit de revenir.
4.16.2008
4.15.2008
4.14.2008
4.13.2008
4.12.2008
tache
Il m'avait demandé de tuer et découper autant de personnes de ce monde-ci que j'avais de serrements de coeur dans ma conscience. Mon ego me disait que c'était un non-sens, mais j'ai obéi. Durant le trajet en voiture dans la banlieue en direction de ma première opération, je me demandais si j'avais suffisamment de force physique pour enfoncer une lame dans de la chair, dans des os (et ce que je ressentirais en entendant les gens crier)
Ce fut facile, mais étonnamment, beaucoup plus salissant que je ne l'aurais cru. Bien plus que de préparer de la salade de fruits.
4.11.2008
Homme
Chatoyant fils d’air
Tu n’es jamais aussi beau
Qu’en chaque seconde
Déchiré de tendresse
Et de juste rage.
4.10.2008
4.09.2008
4.08.2008
4.07.2008
4.06.2008
4.05.2008
4.04.2008
prenez garde au chien
Il était enquêteur pour notre équipe depuis des années. Bien davantage, il était notre ami et un membre de la famille, de toutes nos familles. Et le fait qu'il soit un chien n'y changeait pas grand chose. Dans la sordide affaire de meurtres en série sur laquelle on travaillait depuis des semaines, il avait été non seulement efficace, mais presque en avant des coups.
Ceci finit bien sûr par mettre la puce à l'oreille de l'équipe de déontologie, qui prit moins de quelques heures pour obtenir amplement de preuves de sa culpabilité dans la torture, le viol, le meurtre puis les dégradations diverses perpétrés sur les cadavres des 117 victimes qui hantaient notre enquête. Chien ou pas, c'était notre homme.
Ce n'est qu'aux funérailles ( il avait été éxécuté par injection) que nous avons reconnu le mal qui le possédait lorsque, nous penchant tous en pleurant (nous l'avions aimé comme un frère) vers la tombe où son cadavre descendait lentement, il bondit brusquement et arracha d'un geste rapide de la main le coeur d'un bébé de 3 mois (son propre filleul) qui était dans les bras de son meilleur ami, avant de retomber dans le néant de la mort.
4.03.2008
N'être
4.02.2008
4.01.2008
3.31.2008
3.30.2008
sad
Il ne savait pas que cela l'exciterait. Autant. Les prochaines fois il se placerait derrière un paravent. Il dût interrompre la séance pour aller se soulager loin du regard du policier. Pieds et mains fixés par des poulies au plafond, celui-ci venait de traverser toute la chambre par un complexe réseau de cordages, hurlant sous les douleurs de l'écartèlement. Il fût dégoûté de voir son hôte déguisé en cuir porter ses mains à son sexe pour en cacher l'ampleur, mais acheva de le détester en apercevant son sourire béat lorsqu'il quitta la pièce.
Ce huis-clos entre l'inspecteur et le psychopathe était le dernier espoir de sauver toute l'équipe.
Cinq indescriptibles jours plus tard, on l'autorisait à faire un appel, et il supplia son collègue de le sortir de cette situation. "impossible, il faut que tu endures". Il lança le téléphone loin du lit, et cria très fort en lorgnant les poulies de métal qui avait été fraîchement vissées aux os de ses poignets et de ses chevilles.
3.29.2008
pulpeuse auto-fiction
la toute première personne à qui j'ai voulu consciemment ressembler physiquement. (ceci explique cela)
Un
Voir la clé dans un œil
Ou encore l’oblique cru
Des évidences recréées.
3.28.2008
mise en boîte
Il me demanda alors de sortir moi aussi mes cadavres de l'armoire. Pour sauver de l'espace, j'avais préalablement cassé puis replié leurs jambes, et coupé quelques morceaux qui dépassaient, avant de placer mes deux cadavres - un jeune garçon et une jeune fille - dans deux boîtes conçues me semblait-il pour des roses à longues tiges.
Nous avions en vain fait le tour du web et du village côtier par toutes ses portes, mais nous n'avions pas trouvé le père naturel du petit-ami que j'avais à l'adolescence, un inconnu au prénom amusant, et qui nous avait été décrit par plusieurs comme étant le seul à pouvoir réparer, ce qui s'avéra être faux. Nous n'étions finalement qu'entre nous. Nous? La famille, quoi.
Et c'était en bout de ligne Lui (comment avais-je pu ne pas le savoir?) qui avait ramené vivants tous les cadavres. Tous ceux de la famille. Mais en voyant les miens, il me dit :"malheureuse, qu'as tu fait de nous?"


























